Le portrait par l'objet de

Jean-Charles
de Castelbajac

ARTISTE PLASTICIEN

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Issu d’une illustre famille, pourvu d’un nom à rallonge et habité de rêves de conquêtes, Jean-Charles de Castelbajac a nourri très jeune l’urgence de devenir grand. 

Curieux insatiable, il résume son travail et sa vie par le détournement et l’appropriation des codes, des images, et des choses du quotidien. Il est ainsi logique que chacun de ses objets fétiches, les trophées professionnels comme les trésors familiers, portent en eux l’empreinte marquante de leur propriétaire…

Signé X

Cette représentation de Napoléon est émouvante, le personnage est alors à la fin de son règne, sous l’emprise d’un passé douloureux. Je me suis approprié cette image en la barrant d’une croix rouge.

La croix est très vite devenue une sorte de signature : je crois beaucoup aux signes, et celui-ci m’a toujours suivi. La croix, c’est d’abord les armes de ma famille, puis plus tard, alors que j’étais en pension de mes sept à mes dix-sept ans, un symbole qui apparaissait sur l’extincteur rouge du bâtiment, seul objet coloré dans cet univers dur et masculin dont je me suis sauvé trois fois. J’ai donc construit une sorte d’immense tendresse pour cet objet et pour la croix qu’il figurait en particulier.

This is England

Je trouve le drapeau anglais particulièrement graphique et il a toujours été un objet de fascination pour moi. Je collectionne les drapeaux depuis une quarantaine d’années : j’en ai à peu près quatre cents qui viennent de tous les pays et qui ont tous vécu quelque chose.

L’Angleterre est ma première destination, c’est le premier endroit où je me suis retrouvé « at home », où j’ai senti que les fantômes du passé pouvaient croiser des désirs contemporains. C’est aussi le lieu de ma rencontre avec Malcolm Mclaren en 1972, et avec Vivienne Westwood, deux amis chers. Plus tard, mes deux fils sont partis en pension en Angleterre… J’ai une longue histoire avec ce pays.

Fly me to the moon

Cet avion en papier est marqué « Japan Airlines », il est lié à ma vie intime et à une relation sentimentale importante; mais il évoque aussi des souvenirs beaucoup plus lointains.

J’ai commencé dans la mode alors que j’avais à peine dix-huit ans et j’ai eu du succès très vite, j’ai donc toujours cru que c’était là mon premier talent. Mais récemment, j’ai découvert que mon premier business, ma première petite entreprise avait été la construction d’avions ! En pension, je n’avais pas beaucoup d’amis, mais j’étais le fournisseur exclusif d’avions en papier pour mes camarades qui m’en commandaient contre des billes, des élastiques ou d’autres petits trésors. Nous leur faisions faire des loopings du haut du premier étage…

Poupée de salon

J’ai hérité cette poupée de ma mère, et elle vit avec moi aujourd’hui : elle date de Louis XIII et on m’a dit qu’elle représentait une reine ou une princesse. J’ai toujours adoré cette figure et je trouve magnifique l’idée qu’elle soit restée dans son fauteuil pendant des siècles.

Ma mère faisait collection de poupées, aucunes d’entre elles n’étaient restaurées car ma mère souhaitait les garder intactes. Elles me fascinaient lorsque je rentrais de pension le week-end.

Miroir miroir

Ce dessin de l’artiste Steven Burke est ma dernière acquisition, je l’ai trouvé dans un coin de la librairie OFR et il m’a tout de suite touché car il me fait penser à moi. D’abord le côté insolent, enfantin et provocateur du petit personnage me rappelle mon enfance. Quand je suis rentré en pension, je voulais être commando de Marine. Vite, je me suis aperçu que ma vocation était tout autre : c’était de conquérir Paris et de rencontrer des gens qui me fascinaient. Je suis un peu devenu le rebelle de la famille et surtout j’étais totalement en rupture avec le modèle du pensionnaire. À l’époque, mon imaginaire était ma carapace, ce qui m’a permis de tenir onze ans dans cet établissement. Ensuite, il y a dans cette œuvre un côté bricolage avec le vieux carton utilisé comme support et cela correspond tout à fait à l’essence de mon travail. Le détournement, l’appropriation : ce sont autour de ces notions que j’ai construit ma personnalité de créateur dès le début de ma carrière avec la récupération de serpillières pour élaborer mes premiers vêtements.

Pensées

J’ai des dizaines de carnets comme celui-ci que je remplis quotidiennement depuis une trentaine d’années. Ils sont remplis d’histoires sombres, tendres ou joyeuses figurées par des dessins ou des mots. Ils constituent mon terrain d’expérimentation, c’est ce qui m’a toujours fasciné dans la mode et dans l’art : tenter des techniques nouvelles ou le vertige de la découverte.

Une femme moderne

J’avais offert ce sac Hermès à ma mère grâce à mes premiers succès, ensuite je lui en ai fait faire un deuxième multicolore : vert, rouge, jaune et noir qui a donné naissance à une collection chez Hermès. Ma mère était une femme très élégante, comme ma grand-mère, et surtout très moderne. Elle avait envie de conquérir, elle partait sur le front pour ravitailler les soldats, elle avait quatre-vingt personnes sous ses ordres dans son atelier de confection. Les femmes qui travaillaient, qui s’émancipaient était mal considérées alors, mais ma mère a toujours fait abstraction du regard des autres. Elle se promenait dans un coupé Mercedes et avait ce côté sport, cette volonté d’aller de l’avant : d’où la bandoulière que j’ai créée pour le sac.

(R)évolution

Cette petite statuette a été réalisée à l’occasion de ma présentation intitulée Premier Secours à l’aube des années 2000 et elle incarne l’évolution de mon travail à cette époque.

L’an 2000 représentait un passage énorme pour ma génération qui avait été marquée par « 2001, Odyssée de l’espace » : j’ai ressenti l’urgence d’un bouleversement. J’ai donc commencé un long travail d’introspection. J’avais lu une jolie phrase de Kant qui disait « toute intuition sans concept n’aboutit pas, tout concept sans intuition est vide ». J’ai alors travaillé sur la notion de concept, et c’est comme cela que j’ai décidé de faire des vêtements « curatifs ». Ma collection a donné lieu à une présentation conceptuelle intitulée « Premiers secours », sous l’impulsion de Kuki de Salvertes, avec qui je travaillais à l’époque (ndlr : on trouvait dans la collection, qui reprenait sur la plupart des pièces le symbole de la croix rouge, la garde-robe complète de l’infirmière). C’est aussi la première fois que j’ai abordé la mode sous l’angle de la féminité, jusqu’alors je considérais le vêtement davantage comme une armure protectrice.

Queen B.

La chaussure a été portée par Beyoncé. Lady Gaga m’avait demandé de faire la tenue d’ouverture du clip de la chanson « Telephone » en duo avec Beyoncé. Lady Gaga devait d’emblée apparaître comme la reine de la prison, je me suis inspiré des frères Rappetout et j’ai fait de grandes bandes optiques rayées noir et blanc avec des épaules de Superwoman. Elle a adoré et m’a donc demandé aussi la tenue de Beyoncé : je l’ai habillée de pierreries avec une veste de quatorze kilos. Puis j’ai demandé à mon assistant de customiser une paire de chaussures de princesse. Cette merveille a été utilisée pour le clip.

Univers parallèles

J’ai acheté ce petit livre ésotérique à Londres chez un libraire spécialisé. Je l’ai payé assez cher car il vient de la maison d’Aleister Crowley, un mage visionnaire du XIXème siècle, qui est un peu l’équivalent anglais d’Allan Kardec. À l’époque romantique, qui fut aussi la période de l’industrialisation, il y a eu cet engouement pour le mystère, l’idée de faire tourner les tables, appeler les fantômes, ou voir des elfes… Ce livre présente des photos de fantômes. Le personnage d’Aleister Crowley et ses expériences mystiques ont eu une telle fascination sur Jimmy Page et Led Zeppelin qu’ils ont racheté la fameuse maison d’Aleister, le batteur du groupe- John Bonham- est d’ailleurs mort dans cette maison. L’introduction des signes cabalistiques dans Led Zeppelin, le fameux ZOSO par exemple, vient de là. Mon meilleur ami, Malcolm Mc Laren (ndlr : manager des New York Dolls puis des Sex Pistols) était aussi complètement passionné par le côté sombre de la forceet il avait la bague d’Aleister Crowley avec tous les signes cabalistiques. Moi, je suis juste un « ghostbuster », j’ai toujours aimé l’histoire et nourri le besoin de voyages spatiaux temporels.

Ange des rues

Mon étui à craies m’a été offert par quelqu’un qui m’aime. Il vient de chez Hermès et a déjà fait beaucoup de batailles : il contient les craies que j’emmène dans mes poches pour faire des anges dans la rue depuis une dizaine d’années. J’ai commencé les anges quand j’étais directeur artistique d’un magazine de SDF qui s’appelait Faim de siècle avec Elli Medeiros, j’ai un peu accompagné les vendeurs et du coup j’ai commencé à faire des anges dans les gares, dans les lieux où l’on se rendait. 
Les anges, c’est vous, c’est moi… c’est un miroir flouté de nos intentions et de nos personnalités. Parfois, ce sont aussi les gens que j’ai perdus…
Mes anges sur la voie publique m’ont valu une nuit entière au poste à Moscou. À Paris, j’ai été sauvé in extremis par Philippe Noiret au moment où la police allait m’embarquer ! Mais ça ne m’a jamais arrêté : le Street Art, c’est ma vie, j’ai toujours été fasciné par les graffitis, de ma découverte des catacombes romaines jusqu’à mon arrivée à New York où j’ai vu un immense drapeau de peinture sur les édifices et j’ai trouvé ça génial. Après j’ai connu Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, et voilà…
Le street art est à mon sens la cristallisation de ce siècle : pourquoi l’art resterait-il dans des musées ou chez les collectionneurs alors qu’il est déjà partout sur nos écrans de PC, dans les vitrines de Vuitton ou sur Instagram ? L’art est un tsunami aujourd’hui et la rue est un formidable endroit de proximité pour l’exposer.

Esprit de conquête

Ce Snoopy est un cadeau formidable offert dans les années 70 par mon ami Charles Schulz ! C’est très important pour moi car les conquêtes spatiales me fascinent mais aussi parce que Snoopy est le premier personnage cartoon que je me sois approprié sur un pull de la ligne Iceberg en 1979. J’avais fait deux modèles avec Snoopy. Sur l’un d’eux, le personnage disait dans une bulle « To be, or not to be » : c’était aussi la mise en abyme de la célèbre phrase de Shakespeare.

J’ai été le premier designer à utiliser des personnages ou des labels, comme celui de coca, sur des vêtements et je suis ainsi à l’origine d’une véritable économie. Disney et les autres se sont vite mis à faire payer des licences par la suite. J’ai recommencé la même chose avec l’utilisation de photos sur les vêtements. En 1981, j’ai fait tout un final avec Jackie Kennedy, Mick Jagger, Balzac… La seule qui se soit rebellée, c’est Katharine Hepburn, elle m’a envoyé un courrier en me disant qu’elle avait beaucoup d’admiration pour mon travail mais qu’elle refusait qu’une autre femme « porte » son visage.

Technicolor

Je ne peux pas vivre sans mes Posca et ces quatre couleurs sont complètement imprimées dans mon fonctionnement. Ce sont les couleurs des drapeaux, dont je suis un grand collectionneur. Et puis elles sont dans l’arc-en-ciel. Petit, dans ma pension en Normandie, le temps était souvent mauvais, on voyait donc beaucoup d’arcs-en-ciel, c’était le seul bon côté. Donc, dans mon travail, dès le départ, j’ai utilisé soit des non-couleurs comme le naturel ou le noir, soit ces quatre teintes. Je ne supporte pas les pastels, de la même manière que j’ai mis très longtemps avant d’appréhender des matières douces comme la soie. J’aimais ce qui était rude, tranché.

Amitiés

C’est un tableau de Miltos Manetas, un artiste grec, qui ne travaille que sur la cristallisation des images qu’il voit sur les réseaux sociaux mais qu’il peint d’une manière classique. Il fait de grands tableaux qui rappellent les bureaux d’ordinateur avec leurs superpositions d’images car il repeint sur les images qu’il a faites. Cet artiste et ami, était un des derniers nouveaux amis de Malcolm Mc Laren- ndlr : manager des New York Dolls puis des Sex Pistols- , il représente donc un lien avec Malcolm. Miltos est arrivé dans ma vie comme le remplaçant de Malcolm, il a écrit le plus beau texte qui ait été écrit sur mon travail, autour de l’appropriation. Il y raconte que j’ai passé ma vie à m’approprier et retranscrire les choses avec ma vision. Le fait d’être très copié aujourd’hui n’est que la conséquence de ce que j’ai fait toute ma vie.

Chic à l’anglaise

Le gant Mapa est un souvenir très intime. J’avais environ huit ans et mon père était venu me chercher en pension pour m’emmener en train en Angleterre. Il pleuvait à torrent, nous sommes descendus dans une petite gare perdue dans la campagne anglaise. Nous sommes arrivés en voiture devant un magnifique château qui m’a semblé un peu chaotique en comparaison avec l’ordre de ma pension. Il y avait beaucoup de gens très beaux, très élégants. J’ai été frappé par l’odeur de mouton mouillé que dégageait l’eau sur le tweed. En fait, mon père se rendait à une chasse… À un moment la porte du manoir s’est ouverte et en est sorti un homme magnifique, avec le physique de Peter O’toole dans Lawrence d’Arabie.

 Il portait costume en tweed, et il avait jeté une sorte de Barbour sur ses épaules. Il avait un très beau fusil cassé sur le bras, mais la chose la plus extraordinaire, c’est qu’aux extrémités de ses manches en tweed kaki, sortaient deux gants Mapa rose : Il ne voulait pas se mouiller les mains.

 Ça ne choquait personne mais pour moi cette excroissance rose fuschia fut un choc visuel comme émotionnel. Mon père m’a simplement dit « Jean-Charles, ce sont des anglais » et j’ai répondu : « Je veux être anglais ! »

 À partir de là, ma création s’est mise en place et je n’ai jamais conçu autre chose que des appropriations ou des accidents. Si chic soit-il, un vêtement n’est élégant que s’il est mis en abyme par quelque chose de décalé, de troublant ou de choquant. Mon travail c’est toujours la convergence de deux histoires.

Parcours initiatique

Dans un des grands moments de dépression de ma vie, au début des années 2000, j’ai commencé à écrire ce livre : Eneco. C’est un conte métaphorique qui tient son nom de mon premier ancêtre Eneco Arista qui vivait en 829- si j avais eu un autre garçon je l’aurais appelé Eneco-. C’est l’histoire d’un enfant qui vit dans un monde reclus, dans un château avec sa mère, sa grand-mère, un jardinier, un intendant et un chien aveugle qui s appelle Spad.
Dans son monde tout a basculé : les jours sont des nuits et il n’y a plus de saison. Cet univers m’a été inspiré par une maison qui appartenait à Jean-François Bizot-le fondateur d’Actuel- : un château du XVIIème siècle, qui était entouré de HLM. 

Eneco ne connaît pas le monde extérieur mais aperçoit de son château un balcon avec une fille magnifique : c’est sa première expérience sensuelle. Il n’aura de cesse d’aller au-delà des murs pour découvrir ce monde extérieur, basé sur le hip hop, le graph’… 
Il y aura d’abord un passage initiatique via un souterrain. Puis il vivra a première nuit d’amour. 

J’ai toujours voulu en faire un conte musical, des musiques ont déjà été écrites par Pop Hip -ndlr : groupe créé par King Ju, le chanteur de Stupeflip, le projet se fera peut-être un jour…

Ainsi soit-il

La boite rouge, que j’ai fait faire, contient la chasuble du pape Jean-Paul II.

En 1997, Monseigneur Lustiger m’a demandé d’habiller tout le clergé pour les JMJ en France. J’ai habillé le cardinal, tous les évêques, les prêtres et j’ai fait un million de tee-shirts pour les jeunes.En revanche : pas de nouvelles du Vatican. Ça n’était jamais arrivé qu’un créateur, qui plus est Français, habille le pape (même Michel-Ange n’avait pas eu ce droit). Donc je m’étais résigné. Deux mois avant les JMJ, le conseiller de Lustiger m’appelle et m’annonce que le pape, ayant vu le vêtement du cardinal, serait curieux de voir ce que je pourrais réaliser pour lui. Je ne voulais pas faire de création de forme, juste un décor. J’ai donc demandé à recevoir la chasuble favorite du pape. J’ai vu arriver deux gardes suisses avec une boite noire de laquelle ils ont sorti ladite chasuble. Rongée à certains endroits par l’humidité, on sentait qu’elle avait beaucoup vécu. Le capitaine des gardes m’a alors expliqué que c’était la « battle dress » du Saint-Père : il l’avait utilisé pour aller voir Pinochet,…


Nous avons copié la forme de la robe, pour faire une grande chasuble en papier, et j’ai dessiné des croix de couleurs qui convergeaient vers la tête, comme une sorte de galaxie spirituelle. Puis, j’ai appelé François Lesage pour qu’il brode les croix à la manière byzantine. Lustiger a porté la chasuble finalisée à Rome et, devant tout le conseil du Vatican, le pape a déclaré : « c’est beau, c’est ce que je mettrai à Paris ». C’était un événement historique.

Après les événements, Jean-Paul II a laissé la robe à Notre-Dame où toujours exposée. Et il m’a offert sa « chasuble de combat ». Quand il a été canonisé, je me suis demandé ce que j’en avais faite et je l’ai finalement retrouvée sous un tas de tee-shirts vintage. Elle était devenue une relique…

Tireur d’élite

Je suis sagittaire, donc je tire des flèches…J’ai travaillé très tôt en Italie, à Bologne : un des endroits qui m’a le plus bouleversé dans ma vie. Dans le centre de la ville, il y a le Palazzo des trois flèches, nommé ainsi car il y a trois flèches plantées dans le plafond depuis le XIVème siècle. Personne n’est allé les décrocher. Paris est la seule ville au monde où les immeubles historiques sont nettoyés tous les quatre ans, les Italiens, eux, préservent.
Par l’angle de tir, on voit qu’elles ont été tirées de l’extérieur, tout le monde imagine leur histoire : message d’amour ? Attaque ? 

Dans chaque maison où je vais, je plante toujours trois flèches au plafond. 

Le portrait par l'objet de

India Mahdavi

ARCHITECTE, DESIGNER, SCENOGRAPHE

Le portrait par l'objet de

Pauline Dreyfus

AUTRICE

Le portrait par l'objet de

Simon Ghraichy

PIANISTE

Le portrait par l'objet de

matali crasset

DESIGNER